lundi, 01 décembre 2008
Villepin-Sarkozy : une histoire de courant ?
par BLOGMESTRE
On a beaucoup daubé sur le congrès socialiste de Reims (et, malheureusement, on n'a pas eu tort, même si l'horizon, contrairement à la météo du jour, se dégage¹). La manière dont, à droite, se règlent les comptes entre rivaux d'hier ne mérite pas moins d'attention. Point n'est besoin de remonter à la candidature de Balladur considérant Chirac comme dépassé. Il suffit d'évoquer l'affaire Clearstream (« Clair courant », mot à mot) qui a valu à Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac dont le gouvernement comprenait un certain Nicolas Sarkozy, d'être poursuivi pénalement dans un dossier où la partie civile est Nicolas Sarkozy, ancien ministre du gouvernement Villepin et actuel locataire de l'Élysée.
Dominique de Villepin a été interviewé par le Parisien. Le texte en a paru dans l'édition de ce jour avec le « chapô » suivant :
« Renvoyé en correctionnelle pour complicité de dénonciation calomnieuse, l’ancien Premier ministre réaffirme son innocence. Il met gravement en cause le président de la République, selon lui juge et partie dans cette affaire. »
L'ancien Premier ministre a notamment déclaré :
« Je ne veux pas personnaliser. Mon combat n’est pas un combat personnel, pas plus qu’un combat contre Nicolas Sarkozy. Mais il n’est pas acceptable qu’il puisse y avoir dans notre pays une telle confusion entre les intérêts privés d’une partie civile et la responsabilité publique du président de la République. Cette confusion est dommageable au bon fonctionnement de la justice. [...]
« Une justice sous influence ouvrirait la voie à une justice politique. Nicolas Sarkozy a toutes les manettes en mains : il est le maître de l’ensemble du processus judiciaire. Il est maître de la composition d’une juridiction alors même qu’il est partie civile dans le dossier ; il est maître du calendrier du procès, on parle de 2009 ou de 2010 ; il est maître de l’accès à l’information et il est chef des parquets. C’est impressionnant. La justice doit donc être en position de ne pas se laisser influencer. Il y a malheureusement des menaces lourdes qui continuent à peser sur son indépendance dans cette affaire. »
Et, comme on dit dans tous les bons feuilletons : ... À suivre !
À voir (attention, l'accès libre aux articles peut être limité dans le temps) :
- l'interview de Villepin par le Parisien (1/12/2008) ;
- l'article du Monde qui n évoque l'essentiel des propos de Dominique de Villepin ;
- l'article de Libération sur le même thème ;
- l'affaire Clearstream (2) sur Wikipédia.
¹ En Gironde, le socialiste François Deluga a été élu dimanche député en battant nettement (54%) le maire d'Arcachon, Yves Foulon. que Libé Bordeaux présente comme un ami intime de Sarkozy. Un an après les législatives, la députée UMP Marie-Hélène Des Esgaulx s'était fait élire au Sénat. La manipulation a déplu aux électeurs. Dès ce matin, sur son blog, Alain Juppé qualifiait de «sévère», la défaite de l'UMP. En un an, le vote UMP est passé de 40.852 à 23.054 votants dans cette circonscription. Pourtant, François Fillon était venu soutenir le candidat. À moins que...
12:20 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : villepin, sarkozy, politique, ps, ump
jeudi, 10 mai 2007
Problème informatique
par BLOGMESTRE
Nous avons reçu copie d'un échange de courrier relatif à un problème informatique sérieux. Il nous apparaît nécessaire d'alerter d'autres internautes au cas où ils constateraient le même dysfonctionnement...
Monsieur, Madame,
Il y a un mois, j'ai changé mon ma version Chirac 2.0 par la version Sarkozy 1.0 et j'ai noté que le programme a lancé une application inattendue appelée vous_allez_en_baver 1.0 qui a considérablement réduit les performances de mon processeur. Dans la notice, cette application n'était pourtant pas mentionnée.
De plus, Sarkozy 1.0 s'installe dans tous les autres programmes et se lance automatiquement lors du lancement de n'importe quelle application, parasitant l'execution de celles-ci. Des applications telles que liberté-d-expression 8.9 ou vivre-ensemble 3.2 ne fonctionnent plus. De plus, des programmes occultes (virus?) nommés Folie Furieuse 11.5, démagogie 7.0 et Autoritarisme 9.5 se lancent de temps en temps et soit plantent le système, soit font que Sarkozy 1.0 se comporte de façon totalement inattendue.
Je n'arrive pas à désinstaller ce programme ce qui est très embêtant, surtout quand j'essaye d'exécuter l'application joie_de_vivre 8.2. Par exemple, la commande : c:/service_public.exe ne fonctionne plus. D'autres utilisateurs de Sarkozy 1.0 m'ont fait part de l'existence d'applications telles que t'as_tes_papiers 6.0 et allez_zou_charter_bamako version 3.4 liée à l'utilisation de Sarkozy 1.0 sur certains processeurs.
J'envisage de revenir à la version Chirac 2.0 que j'avais avant, mais cela à l'air très compliqué. Que faire ?
Un utilisateur démoralisé.
Réponse reçue :
Cher Monsieur,
Votre plainte est très fréquente chez les utilisateurs de Sarkozy 1.0, mais elle est due le plus souvent à une erreur de conception de base.
Beaucoup d'utilisateurs passent de leur version Chirac 2.0 à Sarkozy 1.0 en pensant que Sarkozy 1.0 n'est qu'un programme d'utilitaires et de divertissement. Cependant, Sarkozy 1.0 est bien plus que cela, il s'agit d'un SYSTEME D'EXPLOITATION COMPLET conçu pour gérer TOUTES vos applications. Le retour à Chirac 2.0 est hélas impossible.
Si vous conservez en l'état Sarkozy 1.0, vous devrez attendre cinq ans normalement, avant de changer pour un système d'exploitation plus satisfaisant et performant. Pour ce qui concerne les programmes Démagogie 7.0 ou Autoritarisme 9.5, ce sont des programmes d'ancienne génération, qui aujourd'hui connaissent des problèmes de compatibilité. Il vous faudra de plus lancer manuellement la commande C:/allô-c-est-pour-dénoncer.exe ou manifestation_de_soutien- ump.exe pour rendre le système stable.
ATTENTION : Il va sans dire que les déceptions lors de l'utilisation de votre outil vont être nombreuses. - L'autre solution est une restauration du système. Il vous faudra assez simplement télécharger le patch legislatives-2007-je_vote_PS pour récupérer l'ensemble des fonctionnalités de votre ordinateur et en augmenter les performances (le patch dissolution_juppe_1997 n'est malheureusement plus disponible).
Cordialement,
le SAV informatique.
16:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, politique, ps, parti socialiste, UMP, humour
dimanche, 29 avril 2007
Généreux bouclier fiscal
par BLOGMESTRE
Une riche héritière a reçu un chèque de 7,7 millions d'euros : un trop-perçu reversé par les impôts ! C'est l'effet du bouclier fiscal mis en place par un gouvernement dont Nicolas Sarkozy est le numéro 2, un bouclier fiscal qu'il veut aggraver.
› Lire l'article de Libération du 28 avril.
14:14 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, PS, UMP, UDF, Ségolène, Royal
samedi, 28 avril 2007
La France d'après... (partie 1)
par BLOGMESTRE
Une vidéo de politique-fiction, inquiétante et pleine d'humour à la fois. Mais, contrairement à ce que pensait David Vincent, le cauchemar n'a pas encore commencé...
La France d'après
envoyé par machoolala
Si vous voulez éviter ça :
c'est Ségolène le bon choix !
17:30 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Ségolène Royal, Royal, PS, parti socialiste, UMP, présidentielle
28 avril : le débat Ségolène-Bayrou
par BLOGMESTRE
On le sait, l'organisation du débat Ségolène Royal/François Bayrou n'a pas été un long fleuve tranquille. Non du fait des deux personnalités, mais de ce que l'on appellera « des contingences extérieures ». Ces contingences-là ont d'ailleurs fait l'objet de maints commentaires (à voir ici).
Le débat, ou plutôt l'échange, a donc eu lieu aujourd'hui. Un débat marqué par une grande dignité, le souci d'aborder sans fard les problèmes d'avenir. Les échanges ont été d'une grande qualité. Mais, faites-vous votre opinion vous-mêmes en regardant le débat Ségolène-Bayrou !
17:15 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, PS, parti socialiste, UDF, UMP, Bayrou, Ségolène
mardi, 27 février 2007
La justice menacée par Sarkozy
par BLOGMESTRE
Libération de ce matin publie une «opinion» de Didier Peyrat, magistrat, dont la lecture est une question de salubrité publique. Il y écrit notamment :
Après avoir tenté de transférer sur les juges la responsabilité de son médiocre bilan en matière de sécurité, le président de l'UMP souhaite remanier de fond en comble l'organisation judiciaire. Ce bouleversement a été acté lors de la convention de l'UMP consacrée à la justice qui s'est tenue en mai 2006. [...]
En premier lieu, la plateforme préconise qu'il n'y ait plus qu'un seul tribunal de grande instance par département et une cour d'appel par région. Cela signifie la suppression de la moitié des tribunaux de grande instance (actuellement 181), de certains tribunaux d'instance et d'une douzaine de cours d'appel. L'argument : «A l'heure du TGV et d'Internet, la justice de proximité n'est pas d'avoir un tribunal à dix kilomètres de chez soi.»
Nombreux, on le sait, sont les justiciables susceptibles de se rendre aux audiences en TGV ! S'imagine-t-on que c'est en réduisant de manière drastique les implantations judiciaires sur le territoire qu'on va favoriser l'accès au droit, qu'on va améliorer les rapports entre la société civile et sa justice en construisant d'énormes blockhaus judiciaires, où des centaines de magistrats et de greffiers se pressent dans des bureaux (quand ils en ont), tout en laissant dépérir les maisons de justice et du droit ?
Le projet prévoit ensuite de transformer les membres du ministère public en quasi-fonctionnaires placés sous l'autorité d'un «procureur général de la nation», sorte de Janus mi-politique, mi-judiciaire. Jusqu'ici, ils étaient, comme leurs collègues du siège, garants de l'intérêt général et, dans ce cadre, chargés de veiller à la régularité des enquêtes. Quelle sera la distance des «parquetiers» avec les services policiers placés sous la tutelle de l'exécutif s'ils dépendent eux-mêmes de ce maréchal judiciaire nommé par le pouvoir politique ? [...]
Troisième point clé du projet : la démolition de la justice de l'enfance. Avec une première mesure phare : la division en deux tronçons des juges de l'enfance (aux uns la répression, aux autres la protection). Sans doute pense-t-on qu'on punit mieux... quand on ne sait plus aussi protéger. Autre chamboulement : l'abrogation de l'atténuation de peine (qui brise le consensus républicain sur la nécessité de ne pas juger des enfants comme des adultes, même s'ils peuvent répondre de leurs actes). Au lieu de donner à la justice des mineurs les moyens de fonctionner face aux nouvelles formes de délinquance, mais aussi aux effets de la crise sociale, civile et familiale, on préfère ébranler les principes qui la fondent depuis 1945, pour l'aligner sur la justice des majeurs, sans dire un mot du recrutement d'éducateurs, de juges et de greffiers qui s'impose. [...]
L'institution judiciaire est en crise. De moyens, de performance, de crédibilité. Une démarche de changement réaliste qui essaye de l'améliorer sans détruire sa substance est pleinement d'actualité.
Répondre au besoin de justice dans les quartiers et pas seulement dans les centres-ville, développer les politiques d'accès au droit, humaniser la procédure pénale et améliorer l'équilibre des droits entre les parties, renforcer l'indépendance de la magistrature, doubler le budget de la justice en cinq ans, mais aussi promouvoir une réponse rapide et proportionnée aux premiers actes de délinquance et développer qualitativement l'aide aux victimes, tout cela est indispensable. Mais ce qui se dessine là, c'est un schéma, un format et un «climat» radicalement nouveaux. Après avoir démagogiquement pris appui sur de réelles difficultés (tenant à la misère de moyens, unique en Europe¹), on nous prépare un démembrement du système de justice.
Le président de l'UMP a fréquemment notifié aux juges le mépris dans lequel il les tient, jusqu'à parfois critiquer publiquement des décisions judiciaires. Il a stimulé des divisions contre-productives entre la police et la justice. Il parlait, avant d'avoir «changé», de «racaille» et de «gangrène», ce qui ne pousse pas au scrupule dans l'examen des cas individuels. Il a usé du qualificatif (emprunté à l'extrême droite) de «droits-de-l'hommistes». L'ambiance créée à petites touches, nous voici maintenant à la croisée des chemins.
Deux millions de personnes sont détenues aux Etats-Unis. Appliqué en France, un tel taux d'incarcération donnerait 450 000 détenus. Or la société américaine est l'une des plus criminogènes du monde développé. On peut avoir, en même temps, l'ultraviolence et un système hyperpunitif qui distribue sans compter les années de prison. Mais pour parvenir à implanter le modèle punitif américain, il faut d'abord désarticuler la justice française, en la robotisant et en la plaçant sous tutelle policière, au mépris de l'équilibre des pouvoirs.
Telle est la substance du projet de Nicolas Sarkozy. Mieux vaut le savoir, et le dire, avant qu'il ne soit trop tard.
¹ L'auteur rappelle qu'il y a, en France 7700 magistrats, contre 20 000 en Allemagne.
› Lire l'intégralité de la tribune de Didier Peyrat sur le site de Libération.
Didier Peyrat a reçu un «avertissement» de son procureur général pour manquement à l'obligation de réserve : il avait critiqué le ton de Nicolas Sarkozy lors des évènements des banlieues en 2005. À la convention UMP sur la justice à laquelle il fait référence, ont participé de hauts magistrats, nommés avec leurs titres et fonctions. Il paraît que le ministre de la Justice n'y a pas vu de manquement à l'obligation de réserve.
Les ouvrages qu'il a publiés sont accessibles en cliquant ici.
20:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles_2007, 2007, Justice, PS, parti socialiste, Didier Peyrat, UMP
mardi, 20 février 2007
Mixité sociale : un discours UMP très... amendé
par BLOGMESTRE
« Pour la deuxième fois en un an, la majorité parlementaire aimerait assouplir la loi "solidarité et renouvellement urbains" qui impose à environ 740 communes d'atteindre le quota de 20 % de logements sociaux sur leur territoire. [...] Si cette disposition était adoptée par les parlementaires, elle réduirait quasiment à néant les "avancées sociales" contenues dans le projet de loi, enchérit le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Patrick Doutreligne. »
Voilà ce qu'indique un article du Monde que nous vous invitons à lire plus complètement !
22:13 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, UMP, parti socialiste, logement, mixité
samedi, 17 février 2007
Sarkozy dé-chiffré
par BLOGMESTRE
«L'UMP rabote les promesses de son candidat pour lui permettre de tenir son chiffrage» : ce n'est pas un organe gauchiste qui l'écrit, mais Le Monde. Et d'expliquer comment les spécialistes budgétaires de l'UMP (avec ces grands progressistes que sont Méhaignerie et Alain Lambert) ont rectifié les promesses du candidat Sarkozy. Il est vrai que Nicolas Ier des Hauts-de-Seine ne saurait ignorer le théorème de Pasqua (son prédécesseur au conseil général... et à l'Intérieur) : Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.
Il paraît en effet que certaines propositions étaient inapplicables, parce que trop coûteuses. Les médias, qui se sont beaucoup agités autour de l'épiphénomène qu'était la démission d'Éric Besson, m'ont semblé extrêmement discrets sur la question. Nul doute qu'on eût davantage insisté si le parti socialiste était revenu, lui, sur les engagements électoraux de sa candidate.
En tout cas, Gaétan Gorce, secrétaire national du PS a pu déclarer :
Alors que le ministre candidat a annoncé le 23 janvier dans le journal le Monde une baisse de 4 points des prélèvements obligatoires dès son élection, son collègue du gouvernement [NDLR.- Thierry Breton] le contredit de façon cinglante en annonçant ce matin sur Canal + que finalement, s’il était élu, Monsieur SARKOZY « s’attaquera d’abord au désendettement de l’Etat et ne commencera la baisse promise des prélèvements obligatoires qu’après 2010 ». Monsieur Breton précise même que cette baisse devra s’étaler « sur dix années » [...] Les promesses, c’est pour maintenant. Leur réalisation, ce sera pour plus tard. Beaucoup plus tard. Tellement plus tard qu’elle serait reportée au mandat suivant ! En clair, si l’UMP pense à la France d’après, c’est en réalité à la France d’après 2012 !
Et Julien Dray de préciser :
Depuis des semaines, Nicolas Sarkozy promet tout et son contraire et se livre à une véritable fuite en avant budgétaire. Aujourd’hui la vérité éclate au grand jour. Cela éclaire d’un jour nouveau le procès en financement que Monsieur Sarkozy et ses proches intentent à Madame Royal depuis le discours de Villepinte, alors même que le pacte présidentiel proposé par les socialistes est précis, responsable et chiffré.
- Lire l'article sur lemonde.fr ;
- Lire le communiqué de Gaëtan Gorce ;
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