dimanche, 31 décembre 2006
DSK : l'exécution de Saddam Hussein ne règle rien
par BLOGMESTRE
Sous le titre l'Europe comme devoir, Dominique Strauss-Kahn a publié sur son blog une note dont nous tirons deux extraits à nos yeux significatifs :
Saddam Hussein a été exécuté hier, peu avant 6 heures du matin. Nous ne le regretterons pas, mais certains commentaires sur sa mort me laissent pantois. Tout d'abord, parce qu'on ne saurait faire de la mort d'un homme un jour de joie, quel que fut son passé. Robert Badinter, citant Jaurès le jour de l'abolition de la peine capitale en France, disait : « La peine de mort est contraire à ce que l'humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêve de plus noble ». Le sang du tyran ne lavera pas celui de ses victimes. [...]
L'Irak aurait depuis longtemps dû sonner le glas de la méthode unilatérale d'intervention des Etats-Unis. Et pourtant, l'entêtement et l'aveuglement semble les seuls recours envisagés. Une question me taraude : Où est l'Europe ? Je suis convaincu qu'il n'y a pas de fatalité au terrorisme. Mais on le combattra plus efficacement par l'encouragement au développement économique que par l'occupation militaire. L'Europe aurait pu, aurait dû, être le messager de cette troisième voie. Son silence et ses déchirements n'en sont que plus assourdissants. La relance de l'Europe n'est pas seulement indispensable pour les européens dans la mondialisation. C'est aussi un devoir pour le Monde.
Ajoutons qu'entre les premières images de l'exécution et ce qui circule aujourd'hui sur Internet, il y a un écart : la pendaison a moins été, semble-t-il, un acte de justice solennel et digne qu'une vengeance assouvie dans un climat d'où la dignité même était exclue et dont a été victime le dictateur déchu.
À quoi l'exécution de Saddam sert-elle ? À rien, sinon à envenimer encore les choses. Qui plus est, elle prive l'histoire et le peuple irakien de ce droit à l'établissement de la vérité qu'aurait permis de respecter les deux procès attendus sur la répression contre les Chiites en 1991 et les crimes contre l'humanité dont a été victime la population civile kurde bombardée aux gaz.
Pour reprendre une formulation consacrée, la pendaison à la sauvette de Saddam Hussein, plus qu'un crime, est une faute.
- Lire toute la note de DSK.
- À visiter : le site d'Ensemble contre la peine de mort.
19:20 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : DSK, Saddam Hussein, PS, parti socialiste

