dimanche, 30 novembre 2008

Xavier Darcos : courage, fuyons !

par BLOGMESTRE

z_Darcos.pngFace aux caméras, le ministre de l'Éducation nationale joue volontiers les hommes déterminés, résolus à avancer parce qu'ils détiennent la vérité, non sans témoigner d'ailleurs un dédain évident — pour ne pas parler de mépris —, face à leurs contradicteurs. En deux occasions très récentes, Xavier Darcos vient pourtant de démontrer les limites de la posture qui est la sienne. Visitant vendredi 28 novembre le salon de l'éducation, porte de Versailles, il a très soigneusement évité le secteur où les organisations syndicales voisinaient avec les associations d'éducation populaire victimes de coupes claires budgétaires incompréhensibles en raison de leur rôle essentiel dans le maintien du tissu social et de leurs actions en direction des publics les plus fragiles.

C'est porte de Versailles également que se tenait le congrès des maires de France. Xavier Darcos devait s'y exprimer le 26 novembre. Une rencontre européenne impromptue (un pur fruit du hasard, on vous l'assure !) avait empêché le ministre de parler devant les maires. C'est donc le recteur de Créteil, M. Blanquer, qui essuya les huées à sa place (pourtant, on ne sache pas que les maires soient de dangereux exaltés). En cause, un service minimum d'accueil (SMA) inapplicable comme on l'a constaté à Sarcelles ou ailleurs. On se souvient d'ailleurs de cette aimable parole de Xavier Darcos aux maires, y compris UMP, qui s'en inquiétaient : « Débrouillez-vous »*. Les huées ont également accompagné le discours du Premier ministre sur ce même thème.

Il a fallu que le président de la République s'en mêle, en constatant que la loi posait des problèmes d'application. On le savait pourtant depuis le débat de juillet. Le compte rendu officiel des débats à l'Assemblée nationale fait notamment état de cette intervention d'un député du Val-d'Oise bien connu à Sarcelles et dans les environs :

« M. François Pupponi. Je ne vois vraiment pas comment faire pour mettre en œuvre cette mesure ; elle est purement et simplement inapplicable ! Êtes-vous conscients qu’avec cette disposition, vous allez obliger les maires à être hors la loi ? (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.) »**

Au passage, on notera la délicatesse du ministre qui vient en grande pompe visiter le collège de Goussainville,au fonctionnement entièrement numérique (un cas unique en France), comme si c'était de son fait alors que le financement vient du département***.

Jusqu'à présent, Xavier Darcos (auquel sont prêtées parfois des ambitions matignonesques) se voulait le meilleur élève de la classe de M. Sarkozy. Les résultats sont en baisse. Reste une méthode fondée sur l'arrogance... et un ministre qui assume parfaitement les dizaines de milliers de suppressions d'emplois d'enseignants depuis son entrée au gouvernement et celle qui sont à venir dans le cadre des projections budgetaires triennales pour 2009 à 2011.

Une politique de régression que le parti socialiste condamne et entend bien, combattre, à Sarcelles comme ailleurs, avec tous les acteurs de la communauté éducative.


* Est-ce une marque de dépit de la part de celui dont les électeurs de Périgueux n'ont plus voulu comme premier magistrat ?

** Voir le compte rendu officiel :
http://minilien.com/?8BR0boRBCp.
(Sur la page, faire ensuite une recherche avec CTRL-F sur «Pupponi» pour arriver directement à son intervention.)

*** Voir la réaction de Didier Arnal, président du conseil général du Val-d'Oise.

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