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vendredi, 09 mars 2007
DSK à Bayrou : la droite et la gauche, ce n'est pas la même chose !
par BLOGMESTRE
Dans un entretien publié par Le Monde daté du 9 mars, Dominique Strauss-Kahn s'exprime sans ambages.
Le Monde. —Lorsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire… Pourquoi ?
Dominique STRAUSS-KAHN. —Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose François Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.
C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. [...]
Le Monde. — La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?
La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.
Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, "travailler plus pour gagner plus". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles…
Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités… sous le regard des Français.
› Lire l'interview intégrale sur le site du Monde ou sur le blog de DSK.
22:50 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, parti socialiste, DSK, Strauss-Kahn, politique, Bayrou, Sarkozy


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