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lundi, 24 avril 2006

Mots & maux en politique (présentation)

par BLOGMESTRE

Les questions de vocabulaire ont leur importance, expliquait Bracke-Desrousseaux (qui fut doublement éminent, comme philologue et comme militant guesdiste du parti socialiste SFIO), parce que derrière les questions de mots se cachent souvent des questions de fond. Ce propos de celui qu'on appelait «le père Ours» (appellation familière et respectueuse qui est à la source même du sigle de l'Office Universitaire de Recherche Socialiste) nous conduit à ouvrir cette chronique de décryptage langagier.

Le propos se veut libre, mais vise plus à ouvrir la réflexion de chacun et au débat d'idées collectif qu'à une vaine conformation bien éloignée de l'idéal socialiste d'émancipation. On remontera parfois assez loin, mais il ne faut pas toujours du passé [faire] table rase. On ne cherchera pas non plus à rêver à un âge d'or du parti socialiste passé : le congrès d'unité de 1905 résultat d'un long combat qu'éclaire l'illustre figure de Jaurès ; le Front populaire suivait la scission des néo-socialistes comme Déat et Marquet qu'une dérive constante conduisit au vichysme ; au congrès d'Épinay, en 1971, on s'envoya parfois plus d'épines que de pétales... de roses.

Nos débats ne sont pas achevés, et sans doute pas près de l'être. Si, comme le disait justement Jaurès, c'est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à la source, le débat sur les canalisations... mais aussi les confluences... reste un invariant dans un parti où les échanges sur l'orientation ont été, sont et seront toujours vifs.

Le PS est riche, en tout cas, d'une histoire complexe, qui s'est incarnée aussi dans le vocabulaire et dans l'évolution du sens qu'ont pu prendre les mots, ces mots dont on fait parfois des étendards, souvent des étiquettes. Mais, perdre la mémoire serait pour nous perdre de notre substance. Et ce serait là... le pire de tous les maux.

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